Logiciels propriétaires et logiciels libres
Contrairement à un logiciel propriétaire, un logiciel libre donne à ses utilisateurs la liberté de le partager, de l'étudier et de le modifier.
Choisir d’utiliser un logiciel libre revient à faire un choix politique et moral affirmant le droit d'apprendre sans payer et de partager nos connaissances avec autrui.
Le logiciel libre fonde ainsi une société du savoir et de l’information dans laquelle nous partageons nos connaissances de manière à ce que d'autres puissent s'en inspirer et en profiter.
Les logiciels propriétaires actuellement dominants privent les utilisateurs de ces libertés ; leurs licences stipulent que si nous donnons une copie du logiciel à un ami, si nous essayons de comprendre son fonctionnement du programme, si nous mettons le nez dans le code, si nous utilisons le logiciel sur plus d'un de nos propres ordinateurs dans notre propre maison, nous pouvons être arrêtés, punis ou incarcérés.
Les entreprises qui créent et diffusent ces logiciels propriétaires ne manquent pas de les utiliser pour espionner ce que vous faites avec - par exemple, les navigateurs, les systèmes d’exploitation. Et étant donné que nos appareils électroniques contrôlent une grande partie de nos données personnelles et de nos activités journalières, les logiciels propriétaires font courir un grave danger aux libertés publiques.
Le mouvement du logiciel libre
En 1983, l'informaticien américain Richard Stallman a lancé le projet GNU, ce qui veut dire "GNU is Not UNIX" (GNU n'est pas UNIX), qui visait à remplacer le système d'exploitation (OS, operating system) UNIX - en vue de faire respecter les libertés de ses utilisateurs.
En 1985, le même Stallman a créé la Free Software Foundation, la Fondation Logiciel Libre, organisation à but non lucratif qui a pour vocation de défendre et d'informer les utilisateurs d'ordinateurs (et depuis, de tablettes et de téléphones) sur toute la planète.
En 1991, Linus Torvalds publia le noyau Linux, lancé sous forme de code source librement modifiable, qu’il licencia sous forme de logiciel libre en février 1992. Cette innovation comblait une lacune de GNU. En 1993, le développeur Ian Murdock enrichit l’univers des distributions Linux, en créant Debian.
La communauté du libre et de l'open source
La communauté du libre représente aujourd’hui une fédération globale de programmeurs de talent qui se donnent pour mission d’écrire et de partager des logiciels entre eux et avec toute autre être humain. Chacun peut, de son propre chef, décider d’appartenir à cette communauté et en profiter, sans même avoir besoin d’être un programmeur informatique ou de s’y connaître en codage. Chaque membre de cette communauté s’engage à partager librement ses logiciels, à les utiliser, les diffuser, les modifier, sans qu’une autorité vienne s’en mêler ni interdire quoi que ce soit.
Aujourd'hui les nombreuses distributions GNU/Linux du système d'exploitation GNU basées sur le noyau Linux, et des milliers de programmes compatibles, montrent fièrement la philosophie du logiciel libre. Des systèmes d’exploitation, des jeux, des traitements de texte, des tableurs, des logiciels de création graphique, etc.
L’open source a fait le tour du monde et enrichit considérablement nos sociétés. Un CMS open source comme WordPress fait tourner plus de 40% du web. Des logiciels open source équipent des écoles, des universités, des administrations publiques, des entreprises, et des millions de particuliers. Dans le monde entier, des programmeurs, des développeurs, des codeurs, des graphistes, et des utilisateurs, collaborent librement, partagent des passions et des outils, se rassemblent à travers leurs différences de langue et de culture.
L’histoire du logiciel libre continue et sa communauté continue à l’inventer tous les jours. Des prestataires s'y consacrent.
Open-Source et IA : une symbiose au service de l’innovation
L’open-source et l’intelligence artificielle entretiennent une relation symbiotique, propulsant l’innovation tout en questionnant les modèles traditionnels de développement technologique. L’open-source, en libérant l’accès au code source des logiciels, a permis une démocratisation sans précédent des outils d’IA. Des bibliothèques comme TensorFlow, PyTorch ou Hugging Face Transfomers, gratuites et modifiables, ont accéléré la recherche en rendant les algorithmes de pointe accessibles à tous, des startups aux universités.
Cette collaboration ouverte favorise une amélioration continue des modèles. Les communautés de développeurs, réunies sur des plateformes comme GitHub, optimisent collectivement les performances de l’IA, corrigent des biais, ou adaptent des applications à des contextes locaux (santé, éducation, etc.). L’open-source renforce aussi la transparence : en exposant le fonctionnement des algorithmes, il permet de questionner leur éthique et leur équité, enjeu crucial face aux risques de discriminations ou d’opacité des « boîtes noires ».
Cependant, cette dynamique soulève des défis. La disponibilité des codes peut faciliter des utilisations malveillantes (deepfakes, désinformation), tandis que le financement des projets open-source reste fragile, dépendant souvent du bénévolat ou de sponsors industriels. Par ailleurs, les géants tech, tout en contribuant à l’écosystème, instrumentalisent parfois ces ressources pour consolider leur domination, via des services cloud payants bâtis sur des bases open-source.
Malgré ces tensions, le mariage entre open-source et IA incarne une philosophie de partage critique pour l’avenir. Il encourage une innovation inclusive, où la connaissance circule hors des silos privés, et où l’intelligence collective prime sur la compétition. En équilibrant ouverture et régulation, ce duo pourrait façonner une IA plus responsable et adaptée aux besoins globaux.